Le Horla

" Le temps passe
et presse d’un doigt sévère
ma solitude
et mes obsessions "

Libre adaptation de la nouvelle de maupassant

Un trouble invisible s'installe. Une présence sans visage. Une conscience qui vacille. Peu à peu, le réel se fissure et l'esprit se retourne contre lui-même.

Dans cette libre adaptation de la nouvelle de Maupassant, la folie n’éclate pas : elle s’insinue. L'histoire ne tranche jamais entre hallucination et présence réelle. Elle installe le spectateur dans cet entre-deux, là où une pensée peut devenir une voix, un mur une présence, et où l’on ne sait plus si ce qui nous gouverne vient du dehors ou de nous-mêmes. À mesure que les signes s’accumulent, le doute ne se dissipe pas : il change de place. Ce qui semblait appartenir au personnage gagne peu à peu l’espace du plateau, jusqu’à faire vaciller le regard de celui qui observe.

Qui est là ?

Pour sa première création, la compagnie a choisi de ne pas partir d’une page blanche, mais de mettre son langage théâtral à l’épreuve d’une œuvre ayant déjà traversé les époques et les lectures. Adapter Le Horla, c’était chercher comment se saisir d’un classique sans l’illustrer, en préserver l’essence sans le figer, et comprendre ce qui le rend encore nécessaire.

Pourquoi Le Horla ? Parce que Maupassant y fait vaciller la frontière entre le fantastique et la réalité. Le narrateur observe, expérimente et cherche une explication rationnelle, mais chaque preuve ouvre un doute nouveau. La créature existe-t-elle hors de lui, ou prend-elle forme dans son propre espace mental ? Le récit demeure parce qu’il ne referme jamais entièrement cette question.

Nous ne voulions pas reconduire la forme solitaire du journal dans un monologue psychologique. Le mur donne à la présence quelque chose de tangible sans lui attribuer de corps humain. Il parle, semble agir et occupe l’espace, mais reste impossible à identifier. Le théâtre ne résout pas l’énigme : il rend l’incertitude sensible.

Dès cette première création, le geste de la compagnie était là : ne pas conserver une œuvre sous verre, mais réactiver le trouble qu’elle transporte et le remettre en circulation entre la scène et ceux qui la regardent. Le spectateur reçoit des signes, construit une interprétation, puis découvre que voir ne suffit pas toujours à savoir.

Cette adaptation est aussi née du désir de retrouver, notamment auprès des collégiens, la fascination première du récit, au-delà des obstacles de la langue ou du cadre scolaire. Non pas simplifier Maupassant, mais rendre à son inquiétude sa force immédiate : à partir de quel moment ce que nous croyons devient-il réel ?

EQUIPE ARTISTIQUE

Ecriture, mise en scène et jeu : Samuel Jarry, Rémi Pomarede-Dieuzeide, Johan Allichon

Lumière : Louise Duermael

Un trouble invisible s'installe. Une présence sans visage. Une conscience qui vacille. Peu à peu, le réel se fissure et l'esprit se retourne contre lui-même.

Dans cette libre adaptation de la nouvelle de Maupassant, la folie n’éclate pas : elle s’insinue. L'histoire ne tranche jamais entre hallucination et présence réelle. Elle installe le spectateur dans cet entre-deux, là où une pensée peut devenir une voix, un mur une présence, et où l’on ne sait plus si ce qui nous gouverne vient du dehors ou de nous-mêmes. À mesure que les signes s’accumulent, le doute ne se dissipe pas : il change de place. Ce qui semblait appartenir au personnage gagne peu à peu l’espace du plateau, jusqu’à faire vaciller le regard de celui qui observe.