Supermarket

" Lorsque vous donnez un cadeau, c’est par principe d’échange équivalent. Lorsque vous donnez cette petite pièce d’un euros qui traîne au fond de votre poche au feu rouge, c’est parce que vous espérez que le destin soit aussi clément que vous l’avez été. "

Métro, boulot, grève !

EQUIPE ARTISTIQUE

Ecriture et mise en scène : Johan Allichon

Jeu : Quentin Fabregal ; Fanélie Bertrou ; Louis Marçais ; Louis Bishop ; Mila Peyre

Création lumière : Léa Rioux et Julien Fouquet

Soutenu PAR

Le Pôle Culture de l'Université Paul Sabatier

BIENVENUE DANS SUPERMARKET ! Dans les rayons d’un géant de la distribution, chacun occupe la place qu’on lui a assignée : ceux qui dirigent, ceux qui exécutent, ceux qui espèrent encore s’en sortir. Lorsqu’une contestation éclate, l’ordre du magasin vacille et révèle ce qu’il tenait jusque-là sous contrôle : la fatigue, la peur de perdre sa place, le désir d’émancipation et la tentation de reproduire le pouvoir que l’on prétend combattre. 

À mesure que le conflit se déplace, le magasin cesse d’être un simple décor. Il devient la miniature d’un monde où chacun cherche à reprendre la main sans toujours échapper aux logiques qu’il conteste. Les places changent, les rapports de force se déplacent, mais la mécanique demeure prête à recommencer.

Que fait le travail à nos vies ?

Le point de départ se trouve dans des échanges avec des étudiant·es sur leur rapport au travail : désir d’autonomie, besoin de reconnaissance, peur de ne pas trouver sa place ou de voir toute une existence absorbée par l’obligation de tenir. De cette tension est née une fiction où le magasin devient moins un décor qu’un ordre du monde.

Le travail n’y apparaît pas seulement comme une activité, mais comme une force qui distribue les places, façonne les comportements et impose ses récits de réussite. Chacun cherche à s’élever, à résister ou à s’extraire, sans toujours parvenir à se défaire des gestes, des mots et des valeurs appris dans le système même qu’il conteste.

Le public est pris dans cette circulation du pouvoir, appelé à adhérer, à choisir, à participer. Lorsque l’ordre vacille, rien ne garantit qu’il disparaisse : il peut simplement changer de visage. Peut-on renverser une organisation sans reproduire ce qu’elle a fait de nous ?